En 2026, le prélèvement forfaitaire unique appliqué à l’assurance vie reste fixé à 30 % avant huit ans, malgré la hausse touchant la plupart des revenus du capital. Cette exception tient au maintien des prélèvements sociaux de l’enveloppe à 17,2 %.
Après huit ans, le taux d’impôt sur le revenu peut diminuer, et un abattement annuel entre en jeu. Pour estimer l’imposition des gains, il faut aussi regarder la date des versements et le total des primes versées.
PFU et assurance vie en 2026 : pourquoi le taux reste à 30 %
Le prélèvement forfaitaire unique, ou flat tax
Le PFU, souvent appelé flat tax, réunit l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux sur les revenus de placements. Son taux dépend toutefois de l’enveloppe concernée : le régime appliqué à un compte-titres ne s’étend pas automatiquement à l’assurance vie.
Selon les règles présentées pour 2026, le taux global de nombreux placements passe à 31,4 %, en raison de la hausse des prélèvements sociaux. L’assurance vie conserve, elle, un taux de 17,2 % pour cette part de la fiscalité. L’impôt forfaitaire sur le revenu complète ce montant selon la durée du contrat et les versements.
L’exception fiscale réservée à l’assurance vie
Pour les versements concernés par le PFU, les gains retirés avant huit ans supportent un taux global de 30 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux. Cette règle concerne les gains, et non l’intégralité du retrait.
Un rachat partiel de 10 000 euros comprenant 2 000 euros de gains entraîne donc, avant huit ans, 600 euros d’impôt forfaitaire. Le reste du retrait correspond au capital investi et n’entre pas dans cette base imposable.
Comparaison des taux applicables aux placements :
- Assurance vie avant huit ans : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux
- Assurance vie après huit ans, sous le seuil : 7,5 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux
- Autres placements concernés par le PFU en 2026 : taux global annoncé de 31,4 %
- Versements antérieurs au 27 septembre 2017 : régime fiscal historique à examiner séparément
| Situation | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Régime global |
|---|---|---|---|
| Assurance vie avant huit ans | 12,8 % | 17,2 % | 30 % |
| Assurance vie après huit ans, part sous le seuil | 7,5 % | 17,2 % | 24,7 % avant abattement |
| Assurance vie après huit ans, part excédentaire | 12,8 % | 17,2 % | 30 % |
| Autres revenus du capital concernés en 2026 | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
Durée du contrat et versements : les deux seuils à vérifier
Après huit ans, un abattement annuel sur les gains
Le cap des huit ans se calcule à partir de la date d’ouverture du contrat, et non de la date du dernier versement. Après cette échéance, un abattement annuel s’applique aux gains soumis à l’impôt sur le revenu : 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple imposé conjointement.
Les prélèvements sociaux restent dus sur la totalité des gains retirés, même lorsque l’abattement réduit la base d’impôt sur le revenu. Ainsi, pour 6 000 euros de gains et une personne seule, l’impôt forfaitaire sur le revenu porte sur 1 400 euros, tandis que les prélèvements sociaux concernent les 6 000 euros.
Les repères à vérifier avant un rachat :
- Date d’ouverture du contrat et ancienneté exacte au jour du retrait
- Montant annuel des gains déjà concernés par l’abattement du foyer
- Total des primes versées sur l’ensemble des contrats concernés
- Date de chaque versement, notamment avant ou après le 27 septembre 2017
Le seuil de 150 000 euros et son calcul global
Après huit ans, le taux d’impôt sur le revenu de 7,5 % concerne la fraction relevant du seuil de 150 000 euros de primes. Ce plafond s’apprécie sur les contrats concernés détenus par une même personne, et non séparément pour chaque contrat. Pour un couple soumis à imposition commune, le seuil indiqué est de 300 000 euros.
Au-delà, la fraction correspondante des gains relève du taux de 12,8 % d’impôt sur le revenu, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux. Le calcul tient compte des primes versées et des rachats antérieurs : la valeur actuelle du contrat, à elle seule, ne permet pas de déterminer le seuil.
Effet de la durée et du seuil sur l’imposition :
| Profil de rachat | Gains concernés | Calcul de l’impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|---|
| Contrat de cinq ans, rachat partiel | 2 000 euros | 30 % du gain, soit 600 euros avec le PFU | Inclus dans le taux global |
| Contrat de dix ans, personne seule | 20 000 euros | 7,5 % sur 15 400 euros après abattement | 17,2 % sur 20 000 euros |
| Contrat de douze ans, couple, primes de 200 000 euros | 12 000 euros | Taux réparti entre fractions sous et au-dessus du seuil | 17,2 % sur 12 000 euros |
| Contrat alimenté par plusieurs versements | Part variable selon le rachat | Régime déterminé selon la date des primes | Selon le régime applicable |
Calcul du rachat et choix entre PFU et barème progressif
La part imposable correspond aux gains retirés
Lors d’un rachat partiel, le montant imposable se calcule au prorata des gains présents dans le contrat. La formule consiste à multiplier le retrait par le rapport entre les gains totaux et la valeur totale du contrat.
Par exemple, un contrat valorisé à 50 000 euros, dont 10 000 euros de gains, comprend 20 % de gains. Un retrait de 5 000 euros comporte donc 1 000 euros imposables, et non 5 000 euros. Cette étape précède l’application du taux et, après huit ans, la prise en compte de l’abattement.
Étapes du calcul d’un retrait partiel :
- Calculer la proportion de gains dans la valeur totale du contrat
- Appliquer cette proportion au montant du rachat demandé
- Déduire l’abattement annuel des gains soumis à l’impôt sur le revenu, si applicable
- Appliquer les taux correspondant à l’ancienneté et aux primes versées
Quand envisager le barème progressif
Le PFU s’applique par défaut aux gains concernés, mais le contribuable peut choisir le barème progressif de l’impôt sur le revenu lors de sa déclaration. Cette option, exercée au moyen de la case 2OP selon les règles applicables, concerne globalement les revenus mobiliers du foyer : il faut donc examiner l’ensemble de ces revenus, pas seulement l’assurance vie.
Le barème peut être intéressant lorsque le taux marginal d’imposition est faible, mais le résultat dépend de la situation fiscale et des autres placements. Pour les versements antérieurs au 27 septembre 2017, un régime historique distinct peut aussi s’appliquer. Avant de retirer, comparer les deux modes d’imposition et vérifier la ventilation calculée par l’assureur permet d’éviter les mauvaises surprises.
Comparer les options avant la déclaration :
- PFU appliqué par défaut aux gains relevant du régime récent
- Barème progressif choisi pour l’ensemble des revenus mobiliers concernés
- Abattement après huit ans calculé à l’échelle du foyer fiscal
- Régime historique réservé aux versements antérieurs au 27 septembre 2017